Vulnérabilité……amie ou ennemie?

Ce thème me trotte dans la tête depuis longtemps.

J’ai envie de vous parler de vulnérabilité, fragilité, sensibilité…….donnez lui le nom qui vous parle le plus, sachant que ce petit nom est bien souvent un mot qui nous agace profondément. Moi fragile? Jamais!

Nous avons tous en nous, que nous le souhaitions ou non, une partie plus fragile, sensible, émotive. Une partie qui pour certains, et pour éviter de souffrir, à mis en place des stratégies de contrôle, de force, d’humour parfois….mais une partie qui a surtout besoin de s’exprimer sans être refoulée, masquée, mais sans prendre trop de place non plus.

Cette partie c’est un peu notre « petit secret », notre « zone d’ombre » et en public nous faisons souvent tout pour qu’elle ne soit pas perçue par les autres.

Sauf que dans la réalité certaines situations viennent toucher directement cette partie et les réactions nous échappent parfois.

Çà vous parle?

Prenons exemple :Au travail un(e) collègue vous fait une réflexion et vous vous sentez jugé(e), critiqué(e). La situation vous parait injuste et l’injustice est justement quelque chose qui, sans vraiment savoir pourquoi, vous agace profondément. Vous êtes en train de revivre inconsciemment une vieille blessure bien ancrée qui va vous empêcher de réagir en adulte face à ce(tte) collègue. Votre réaction et vos émotions ne seront donc pas totalement en adéquation avec la situation réelle et peuvent paraître disproportionnées. Par exemple : vous répondez avec une toute petite voix qui tremble, ou alors au contraire vous sortez de vos gonds, ou encore vous pleurez sans vraiment comprendre pourquoi…….

L’adulte que nous sommes devenu à donc du mal à profondément assumer cette partie de lui. Dans un cas elle est refoulée et ne peut plus s’exprimer et dans l’autre elle prend trop de place et nous fait adopter une posture de victime.

La vulnérabilité, NOTRE vulnérabilité est elle vraiment notre boulet, notre tare, notre plus gros défaut??

Embarquons pour un petit voyage au coeur de notre vulnérabilité (petit clin d’oeil à mes avions chéris)

La vulnérabilité c’est quoi?

La définition du Larousse dit : caractère vulnérable de quelque chose ou quelqu’un. Synonyme fragile.

Et donc vulnérable veut dire : qui est exposé à recevoir des coups, des blessures, qui par ses insuffisances, ses imperfections peut donner prises à des attaques, qui est exposé aux atteintes d’une maladie ou servir de cible facile à l’ennemi… et ce mot vient du latin vulnerare > »blesser ».

Donc selon la définition du Larousse cette partie de nous imparfaite et fragile peut nous exposer à la souffrance, à la douleur, à l’attaque, c’est une partie blessée. Programme réjouissant en perspective!

Logique donc que la vulnérabilité soit souvent associée à des émotions de peur, de honte ou de culpabilité et que cette partie ne reçoive pas naturellement toute notre considération.

Logique aussi que la réponse à ces états de « faiblesses ou d’infériorité » soit le contrôle, la force….

Mais ce qui n’est pas dit dans cette définition c’est qu’accepter cette part de nous, accepter qu’elle soit vue est une vraie preuve de courage, d’authenticité. Un vrai travail personnel et souvent le début d’une nouvelle page.

Accepter de ne pas être parfait, fort, insensible c’est aussi accepter son humanité et se libérer de la peur du jugement d’autrui.

Oui, vous avez bien lu. C’est bien la peur du jugement des autres qui nous empêche de nous montrer authentiques. Authentiques jusque dans notre vulnérabilité.

Accepter de dire « j’ai tort », « je ne sais pas », « cela me rend triste », « non je n’ai pas envie de sortir », « je ne peux pas y arriver seul(e) j’ai besoin d’aide, « je me sens mal aujourd’hui », « je suis en colère »….. l’authenticité c’est la sincérité des sentiments, de TOUS les sentiments.

3 clefs pour ouvrir la porte à sa vulnérabilité

Comme toujours il y a un petit côté pratico-pratique dans mes articles donc non je n’en reste pas là, nous allons explorer quelques pistes pour assumer cette partie de nous.

Ce sujet me touche beaucoup car je fais vraiment partie de ces personnes qui ont comblé les brèches de la vie par du contrôle et de la force. Sauf que sous ma carapace bien solide il y avait un terrain miné par les aléas de la vie. Et que pensant ne rien montrer cette fragilité sautait pourtant aux yeux ce qui m’agaçait profondément.

Donc comment faire pour paraitre plus CONGRUENT? ( = mes actes et mes paroles sont en parfaite adéquation, j’incarne ce que je dis). En gros je ne dis pas « non moi rien ne m’affecte je suis un roc » avec une posture de corps qui renvoie tout l’inverse.

1/ Accepter de ne pas être parfait, lâcher le perfectionnisme pour accueillir le perfectionnement. Nous sommes TOUS à la même école : celle de la VIE. Nous vivons TOUS des choses douces et d’autres plus douloureuses. Mais nous sommes TOUS venus expérimenter le perfectionnement. Comment tirer le meilleur de nous-même dans cette vie? Comment faire grandir notre âme? (pour le côté plus spirituel de la chose)

Vivre dans le réel, c’est comme marcher pieds nus: parfois le sol est doux, parfois il nous fait mal. Je ne veux pas passer ma vie pantoufles aux pieds.

Christophe André

2/ Accueillir la confiance et ouvrir la porte de notre intériorité. Explorer cet espace et apprendre à s’y sentir bien, en sécurité. Cela peut se faire en apprenant à méditer, à respirer, à s’arrêter, à rester seule, à ne rien faire…… Il s’agit pendant un moment de fermer les portes extérieures pour ouvrir celles de l’intérieur. Que voyez vous? Au début c’est un exercice déstabilisant car la vie d’aujourd’hui nous bouscule, nous précipite, nous force à ne jamais arrêter. Mais petit à petit cet espace va devenir votre cocon. Idéalisez le, faites en un jardin, une pièce cocooning, un endroit idéal….C’est en commençant par être en sécurité à l’intérieur que vous serez plus stable à l’extérieur. N’ayez pas peur du vide, n’ayez pas peur de vous-même. Et si çà bloque faites vous aider dans ce cheminement.

3/ Apprenez à aimer cette partie et donnez lui de l’amour. Oui je sais çà parait difficile. Savoir s’aimer même quand on a pleuré sans pouvoir s’exprimer, même si on s’est un peu emporté(e), même si notre voix et nos mains tremblent pour cet exercice si important, même si on est en retard ou que l’on oublie tout… Et pour cela la règle c’est PAS DE MOTS DEGRADANTS envers soi même. On fait taire notre petite voix intérieure ( « ah je suis trop nulle » ….) on arrête de se coller des étiquettes dégradantes et on apprend l’AUTO-BIENVEILLANCE. Et pour ceux qui auront lu l’article jusque là voilà la phrase magique : CE N’EST PAS GRAVE.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort

Nietzsche

Cet article touche à sa fin j’espère qu’il vous aura donné quelques clefs pour laisser cette vulnérabilité faire partie intégrante de vous même. Ne cherchez pas à la fuir car elle est probablement votre meilleure alliée dans votre cheminement vers votre ETRE profond.

Comme un cheval sauvage que l’on refuse de dompter mais qui finalement, une fois accueilli et dressé nous mènera à la ligne d’arrivée et nous fera gagner la course.

Si cet article vous a plu partagez le il donnera peut être des clefs à d’autres! Vos commentaires sont également les bienvenus pour échanger ou approfondir ce sujet.

Caroline

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